les bons souvenirs...

jeudi 28 décembre 2006

Dire que, lorsque la rédaction de la " Semaine " a eu l'idée de créer une rubrique " Nostalgie " consacrée aux rues de Metz pendant les années 60, elle avait estimé sa durée à un gros semestre, voire à un an maximum… Or, vingt deux mois et quatre-vingt-treize numéros plus tard, " Nostalgie " continue à raconter les vitrines de Metz, d'hier d'aujourd'hui.

Pourquoi cette longévité ? Essentiellement parce que les richesses historiques de la ville s'accompagnent d'une richesse humaine que l'on ne cesse découvrir au fil de nos enquêtes. Contrairement à ce que nous avions pensé au départ, il n'a pas été très utile de compulser le registre du commerce ou le livre foncier, ni de triturer les archives municipales ou départementales. Pour retracer les quarante dernières années de la vie active de notre cité, il nous est, en effet, très vite apparu que seuls les contacts au quotidien, les témoignages sur le vif, immeuble après immeuble, commerce après commerce, s'avéraient être la démarche non seulement la plus fiable, mais aussi, avouons-le, la plus passionnante.
Ainsi ne remercierons-nous jamais assez celles et ceux que nous appelons " les mémoires " des quartiers qui nous ont livré spontanément leurs souvenirs, de même que leurs successeurs. Tout en faisant part de leur propre expérience, ils nous ont permis de rentrer en contact avec leurs aînés.
Certes, malgré cette aide primordiale, l'affaire ne fut pas toujours si simple, car en abordant telle ou telle rue, nous nous sommes bien souvent retrouvés face à un puzzle grandeur nature dont il fallait rassembler, un à un, les morceaux épars. Si cela conférait un côté ludique à l'entreprise, il faut admettre qu'à diverses reprises le découragement fut de mise.
Mais c'était sans compter avec d'une part notre opiniâtreté et d'autre part la serviabilité de nos interlocuteurs. Puisque nous avons toujours fini par trouver, quelquefois in extremis, la personne-clé ou le personnage emblématique ayant marqué de son empreinte le quartier et la période concernés.


L'évocation de l'année : Metz-Plage

Afin de se remonter le moral par ces temps de froidure, nous vous proposons une rétrospective estivale, telle que celle de Metz-Plage ( objet de notre parution n° 75 du 17 août 2006 ).

La piscine

en elle-même…
Si les baigneurs souhaitent se prélasser au soleil, ils vont s'asseoir sur les gradins en béton à quatre marches qui, d'une longueur de cent mètres, bordent les deux bassins. S'ils préfèrent, au contraire, se mouiller le maillot immédiatement, trois possibilités se présentent alors à eux.
Il y a d'abord, pour les enfants et pour ceux qui veulent simplement faire trempette, un petit bassin carrelé de  blanc de 25 m sur 12,5 m, et d'une profondeur maximum de 1 m 40, qu'agrémente un toboggan de 3m de haut.
Vient ensuite, en prolongation du mini bassin et séparé par une plate-forme où se dresse une grande vasque, tantôt fleurie, tantôt assortie d'un jet d'eau, le grand bassin proprement dit. Qualifié, dès son origine, de " compétitions " en raison de ses dimensions - 50 m sur 12,5m2, il est carrelé de blanc avec cinq bandes de nage bleu foncé, marquées extérieurement par des plots numérotés. En bout de bassin, côté camping, se dresse un plongeoir en béton armé, fixé sur un socle de 7 m de large, qui comporte trois niveaux de plongeon avec tremplin, à 1 m, 3 m et 5 m, le tout surmonté par un mât de 15m de haut au sommet duquel flotte le drapeau tricolore. Un peu plus loin encore, mais en bord de Moselle, dans une sorte de crique où il avait été projeté d'amener du sable fin, se trouve un bassin en eaux vives de 50 m2 délimité par un chapelet de bouées en liège.

Son restaurant,

le bar des Marin
Et une installation balnéaire qui se respecte n'aurait pas été complète s'il n'y avait eu un point de restauration. C'est accolé à la dernière cabine, à proximité du triple  plongeoir, que s'élève un bâtiment aux fenêtres garnies de géraniums retombants sur le fronton duquel on lit de loin le panonceau : " Restaurant de la Plage ". (Pour les amateurs de vestiges, les deux fois trois marches accédant à l'ex-restaurant sont encore visibles et permettent maintenant d'entrer sur un parking réservé aux camping-cars).
Tenu pendant plus de vingt ans par la famille Marin au grand complet, (le père, la mère et leurs trois enfants qui partagent par ailleurs leur temps entre le Café de la Comédie sur les quais et le bar du Théâtre), cet établissement est en fait à usage mixte. Si l'étage est réservé au véritable restaurant et à une clientèle avertie venue déguster la friture de goujons ou, mets délicieux entre tous, le sandre au beurre blanc, pêchés paraît-il le jour même dans les eaux poissonneuses de la Moselle, le rez-de-chaussée et sa terrasse sont le siège d'une buvette-sandwicherie

La surveillance…

Car c'est entre midi et deux, les jours de semaine comme le dimanche, que la  " Plage " commence à se remplir pour atteindre son maximum vers 15h30 - 16h. Des pics de fréquentation pouvant aller jusqu'à 4000 à 5000 entrées/jour et qui nécessitent en conséquence une organisation optimale.
Ainsi, le chef de bassin M. Schell (qui a succédé à M. Mertz), en permanence assis sur sa chaise d'arbitre de tennis, s'entoure-t-il de cinq surveillants de baignade déambulant sur le site, parmi lesquels l'on compta longtemps Mme Mertz, MM. Lemblet, Potdevin, Choquet et l'emblématique doyen des maîtres-nageurs René Weitzel.
Et déjà les problèmes de climat
L'image de cette foule en liesse s'adonnant au bronzage et à la natation n'était d'actualité, évidemment, que par beau temps. Ce qui, on s'en doute, ne fut pas  toujours le cas. Si, dans l'ensemble de ses quatre mois d'ouverture, Metz Plage présentait souvent un bilan mitigé, deux mois chauds compensant deux mois plutôt frais, les usagers les plus anciens se souviennent peut-être des étés caniculaires de 55, 62 et surtout de 64 où durant cinq semaines le thermomètre afficha chaque jour vers 16h un bon 35° sous abri.  
Mais ces mêmes adeptes de la baignade ont plus certainement en mémoire cet été pourri de chez pourri de 1960 qui fit enregistrer par exemple 16 entrées le 6 juillet et… 9 entrées le 18 août !

Sans eux, la " Nostalgie " n'aurait pas été ce qu'elle est  !

Bien que la liste soit évidemment non exhaustive,
témoignons notre reconnaissance particulière à :

Rue du Faisan : Journaux n° 44 et 45 : Jacques Didier (ancien luthier), Caroline et Alexandre La Loggia (cordonnerie La Scarpa).

Place de Chambre : Journaux N° 46 et 47 : Gisèle et Louis Welsch ( ex-Lavibien), Geneviève et André Lothammer (Au Chien élégant)

Places Coislin et du Quarteau : Journaux N° 48 et 49 : Remy Tritschler et Gilles Bohr (tabac le Longchamp), André Heitzmann (boucherie Au Veau d'Or).

Rue de la Fontaine : Journal N° 50 : Valérie et Robert Thiriot ( pâtisserie).

Saint-Nicolas - Neufbourg : Journaux  n° 51, 52 et 53 : Armelle et Bernard Boob (ex-pâtissiers).

Rue du Grand-Cerf : Journaux n° 54 et 55 : Eric Humbert (boucher-charcutier).

En Chaplerue : Journaux n° 56, 57, 58 et 59 : Michel Gerstenhaber (Opticien Krys), Christian Courouve (Française de l'Optique), Suzanne et Michel Schincariol (Café de la Presse).

Rues Dupont-des-Loges et Lancieu : Journaux n° 60 et 61 : Régine (Chaussures Cosmo), Jean Tilly ( garage), Arlette ( Café du Lancieu).

En Bonne-Ruelle : Journal n° 62 : M. Blajman (Générale Immobilière), M. et Mme Gaston Binzen (ex-bijoutiers).

Parking République : Journaux n°63 et 64 : Jean-Louis Michaely ( boutique Déclic), Marc Schrub (coiffeur, Art du Temps).

Rue Taison : Journaux n° 65, 66 et 67   : Lucette Matterère (Corso), Michèle Poro ( boutique les Grenettes), Jacques Tondowski (ex Surplus Jack).

Les Hauts-de-Sainte-Croix : Journaux n° 68 et 69 : Maryse et Saïd Bouzekri-Alami, Christiane Sibille (cours de peinture), José Hartmann.

Rue des Jardins : Journaux N° 70, 71 et 72 : Roland Andres (galerie le Subréalisme), André Richy (Droguerie Morhange), Henry Schuman ( Promotion immobilière).

Place d'Armes et Cathédrale : Journal n° 73 : Gérard Gantzer ( Photographe).

Rue Harelle : Journal n° 77 :  Andrée Carat  (ex Foyer Lorrain), Micheline et Pierre Maas (pâtissiers - traiteurs).

Place Mondon : Journal n° 78  :  M. Wurm (Immobilière Wurm), Joseph Scherer ( Cuisines Scherer).

L'Ancienne Gare : Journal n°79 : M. Kirsch (ex- Obbo).

Rue Pierre Perrat : Journal n° 80 :  Françoise Weber (Art Floral).

Rue Gambetta et Poste : Journaux n° 81, 82, 83 et 84: la regrettée Annie Rieger (photographe), Michèle et Laurence Kahn (boutique Marcel Kahn), Antoine Sabbatini (antiquités la Tour Camoufle).

Rue Charlemagne : Journal n° 85 : Danièle Dereims (boutique Coup de Cœur).

Rue François-de-Curel : Journal n° 86 : Pierre Dap (Banque Populaire de Lorraine), Roger Hochard (ex-photographe).

Rue des Augustins : Journal n° 87 : Raymond Untereiner (ex le Beaulieu), Gisèle et Etienne Parmentel (restau Ban-Saint-Martin).

Rue Pasteur : Journaux n° 88, 89, 90 et 91 : M. Bernard Lauris (ex Galeries Pasteur), M. et Mme Guy L'Huillier (ex-Samel), Gérard et Ginette Hypolite(ex-Brasserie Pasteur), Jacques Scheidt (Coiffure Jacques).

Rue du Sablon : Journaux n° 92 et 93 : Mme Rethel (propriétaire de l'immeuble n°7), Jacqueline  Fourny (Ex boutique Eros), Szlama Moszkowicz.(ex-maroquinerie Sacmod).

Sans eux, non plus

Merci aussi aux multiples possesseurs ou collectionneurs de photographies qui nous ont permis d'illustrer nos pages, leur conférant ainsi le cachet nostalgique recherché. Et le meilleur étant gardé pour la fin, merci enfin à nos lecteurs qui, à en juger par la multiplication des courriers manuels ou électroniques et appels téléphoniques,  ont manifesté un intérêt grandissant à l'égard de cette rubrique. A ce propos, une précision : si ladite rubrique passionne une grande partie de notre lectorat ayant connu ou vécu les périodes décrites, il est à noter que les générations suivantes, celles des 30-50 ans, se sont de plus en plus sensibilisées à cette évocation du passé.

  1. denis chapot écrit: (13/02/2018 22:09:53 GMT)
    les bons souvenirs...

    et merci de ne jamais citer denis chapot ,illustrateur des débuts laborieux de la semaine ..parce que le bla bla journalistique est une chose ..et l'égo de mr jager en est une autre ..mais sans image , l'article est muet ..! so long ! aucun respect ...telle est la devise de la semaine ..

  2. Henri-Jean écrit: (29/12/2006 11:46:18 GMT)
    les bons souvenirs...

    Excellente rubrique qui maintenant mérite une compilation reliée car elle est unique.Bravo pour cette entreprise et merci de l'avoir effectué.

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